
Suite à l’inscription d’un de mes modèles à une formation de photoreporter, je vais me pencher un peu sur ces écoles et leurs façons de procéder. Le modèle m’a rapporté que l’école lui facturait une formation à plus de 1500 euros et que ce n’était qu’une préparation au CAP.
Moi qui suis autodidacte et qui ai fait ce métier, je peux dire avec certitude que cela ne s’apprend pas par correspondance. En effet, ce métier mythique est très loin d’être à la portée de n’importe qui. Il faut avoir un esprit très aventureux, un certain goût du risque et une très bonne connaissance technique, ainsi qu’une bonne approche relationnelle. Moi, personnellement, j’ai eu une formation militaire qui m’a très bien servi en Afrique. Un reporter est très loin de ce que certains films nous montrent, c’est bien plus technique et spécialisé que cela. Par exemple, un photoreporter de guerre devra très bien connaitre la géopolitique et la géographie ainsi que certaines techniques de survie et une très bonne capacité d’adaptation, alors qu’un photoreporter dans l’aéronautique devra très bien connaitre les sciences appliquées à l’aviation dans leur totalité or il n’y a aucune formation pour cela. Pour moi, ces écoles gagnent leur argent en vendant des fascicules qui n’ont presque pas d’intérêt. Par exemple, cet article fait partie du journalisme mais aucunement du photojournalisme car aucune photo ne vient l’agrémenter mais pas mal de mes articles sont de vrais photoreportages. Un photojournaliste doit en premier lieu être un journaliste, la photographie c’est annexe. En effet, beaucoup d’articles ne sont jamais accompagné de photo.
J’ai visité les galeries de certaines de ces écoles et franchement les images sont lamentables ; on voit très bien que ces pauvres élèves ne maitrisent pas la photographie et pire n’ont aucun goût artistique. Photojournalisme ne veut pas dire que les photos doivent être moches et mal cadrées. Nuançons quand même les choses ; un photoreporter n’est pas un artiste au sens propre car sont but est d’informer et de toucher le publique dans ce qu’il a de plus humain et non de faire des expos à News-York ou Paris. Faire des photos d’art sous les bombes n’est pas vraiment le but ; les photos doivent montrer ce que vivent vraiment les protagonistes du conflit, sans état d’âme. Certaines photos sont floues et mal cadrées mais elles représentent en elles toute la violence et c’est ceci qui touche les gens.
Donc affaire à suivre sur ces écoles du rêve, par correspondance, qui ne sont pour moi que des écoles à gogos…..